Qui était Lizette Gervais

Lizette Gervais

Fille de l’optométriste Léopold Gervais et de Rollande Lemieux, Lizette Gervais est née à Montréal le 3 juin 1932. Élevée dans un milieu bourgeois, elle fait des études classiques au collège Marie-de-France et poursuit en littérature et en langue au collège Marianopolis.

À 19 ans, Lizette Gervais souhaite devenir travailleuse sociale. Mais on la juge trop jeune. Elle travaille plutôt temporairement en enseignement tout en s’adonnant à son passe-temps préféré: la peinture.

À 23 ans, elle épouse Robert Sauvé, un avocat qui deviendra secrétaire général de la CSN, fondateur de l’aide juridique, puis juge.

Leur voyage de noces se déroule à Londres où Lizette-Gervais travaille comme surveillante dans un lycée français pendant un an le temps que son mari poursuive une formation. Leur vie est rude. Vivant pauvrement, Lizette Gervais et son mari se souviennent de repas constitués exclusivement de patates et de carottes cuites.

Le couple s’envole ensuite vers Washington où M. Sauvé poursuit d’autres études. Lizette Gervais profitera de cette escale d’un an pour étudier la joaillerie et la cuisine chinoise.

En 1957-1958, M. Sauvé obtient un poste à Ottawa. C’est à ce moment que Lizette Gervais débute sa carrière de journaliste en devenant speakerine à la station CKCH à Hull.

En 1960, le jeune couple revient à Montréal.  Lizette Gervais entre à Radio-Canada comme speakerine. Elle ne tarde pas à se forger une solide réputation. Reconnue pour sa rigueur et son charme, Lizette Gervais se voit confier l’animation de plusieurs émissions tant à la radio qu’à la télévision au fil des ans.

À une époque où les femmes restent majoritairement à la maison, Lizette Gervais travaille sans relâche. Elle devient l’une des premières femmes à présenter le Téléjournal du midi, en 1967. À l’époque, il y a cinq femmes pour 45 hommes au service des annonceurs…

Séduisante, ricaneuse, élégante, professionnelle, spontanée, intelligente, curieuse… Les qualificatifs pour décrire Lizette Gervais sont multiples dans les nombreux articles écrits sur elle.

À la fin des années 1960, lasse d’animer des émissions féminines dont elle critique la mission, elle quitte Radio-Canada. Elle anime pendant quelques années des émissions au canal 10 (Télé-Métropole), avant de revenir à Radio-Canada pour animer «La vie quotidienne» à la radio, avec celle qui deviendra sa grande amie, Andréanne Lafond.

Lizette Gervais quitte définitivement le monde des médias en 1980 en ayant l’impression «de n’avoir plus rien à dire». Elle s’implique dans plusieurs causes dont la Ligue des droits et libertés, la Société canadienne du cancer et les Amis de l’Institut Pinel. Elle devient présidente de l’Office des services de garde à l’enfance du Québec.  Fonction qu’elle occupe pendant deux ans.

En 1982, elle entre au Secrétariat à l’adoption, principalement pour s’occuper des dossiers d’adoption internationale. Il faut dire que Lizette Gervais avait adopté ses trois enfants. La première, Julie, une petite québécoise d’origine marocaine était âgée de 3 mois. Le deuxième, Louis-Nghia, fut le tout premier enfant vietnamien à être adopté au Canada,  en 1977.  Le dernier, Pascal,  avait 5 ans, au début des années 1980.

Toute sa vie, Lizette Gervais n’a divulgué que très peu d’information sur sa vie personnelle. L’une des premières photos de ses enfants a été publiée en 1981, lors de la publication d’un livre de recettes (« Cuisine chinoise » aux éditions de l’Homme). Sur la page couverture de l’ouvrage, on la voyait aux côtés de Louis-Nghia et Julie (Pascal n’était pas encore arrivé dans la famille). Dans cette entrevue diffusée à Radio-Québec (ancêtre de Télé-Québec) en 1983, Lizette Gervais raconte les défis de son métier et de la conciliation travail-famille avec l’animatrice Jeannette Biondi.

Après une longue lutte contre un cancer de l’utérus qui s’était déclaré en juin 1984, Lizette Gervais est décédée le 8 juin 1986, à 54 ans. Dans une entrevue accordée au magazine La vie en rose en juin 1985, Lizette Gervais décrivait ainsi sa lutte contre la maladie: «Je n’allais pas reculer à cause de cette maladie. Je voulais vivre pleinement, pousser, avancer et rejoindre la vie.»


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